Amélioration des processus de compostage grâce à l’introduction des micro-organismes

Amélioration des processus de compostage grâce à l’introduction des micro-organismes

5 February 2015. Montpellier, France. Quarante ans de travaux de Recherche et de Developement en agronomie des pays subsahariens menés par l’IRD et les organismes de R et D nationaux, indiquent une accélération des dégradations des sols sous l’effet de la désertification et d’une densité humaine croissante.

Il en découle des situations critiques en matière de production végétale, base essentielle de l’alimentation dans ces pays. Pour inverser cette tendance, il est nécessaire d’identifier de nouvelles pratiques agricoles qui vont permettre une restauration rapide de terres dégradées.

Les matières organiques sont essentielles dans le maintien de la fertilité des sols (contribution à la CEC, structuration des sols, etc…). Par ailleurs, elles sont le vecteur des principaux nutriments nécessaires à la production végétale.

Olivier Besnard, B2B – BIOPHYTECH, France

Les transformations des matières organiques sont déterminées par les organismes vivants dans le sol (faune du sol, micro-organismes). Pour gérer ces transformations pour que soit intensifiée la production végétale on peut agir par les ressources organiques qui seront apportées mais également en
agissant sur les micro-organismes transformateurs. Le compostage est une technique utilisée depuis longtemps pour améliorer la qualité des intrants organiques.

Cependant, il est possible d’optimiser ou d’améliorer les processus de compostage grâce à l’introduction des micro-organismes qui vont favoriser les transformations au cours du processus, voire l’assimilation de minéraux non directement utilisables par les plantes comme le phosphore contenu dans les roches phosphatées. Le développement de l’emploi des micro-organismes peut rendre des services très appréciables pour obtenir ces objectifs de production.

Parmi les nombreux travaux concernant les composts améliorés, ceux conduits par l’Association pour la Recherche et la Formation en Agro-écologie (ARFA) ont donné des résultats préliminaires intéressants en 2012 et 2013.

  • ARFA est une ONG  du Burkina Faso qui existe depuis 18 ans, qui vulgarise les méthodes innovantes de fertilisation organique des sols (installation et gestion des fosses fumières) et de protection biologique des cultures (extraits de plantes locales). 
  • Elle dispose d’une solide expérience en matière de promotion, et de formation à ces techniques de production par un centre dédié à cela.
  • Elle centralise, coordonne et organise les activités de recherche action en milieu paysan. Il a e.a. en charge la production de certains amendements organiques enrichis au Trichoderma, la promotion, la sensibilisation, la formation, et la vulgarisation de l’utilisation de ces produits auprès des bénéficiaires et des utilisateurs finaux.
  • C’est notamment par des tests en milieu paysan, que l’on confirme la supériorité des composts enrichis en Trichoderma et que l’on conforte l’hypothèse d’une meilleure biodisponibilité des nutriments en leur présence. 
  • Leur utilisation a permis de réduire de moitié le délai du compostage, en permettant donc d’augmenter sensiblement les quantités produites et d’en réduire les coûts d’obtention. Les meilleurs rendements agronomiques obtenus, démontrent que les producteurs sont en mesure de satisfaire leurs besoins alimentaires et d’en dégager un surplus commercialisables, source de revenus pour les ménages ruraux.

Deux consultants seniors Mr René BILLAZ (Ancien Directeur Scientifique du CIRAD basé en France), et Mr Paul Kleen (ancien Ingénieur de Recherche au CIRAD, basé au Burkina) agissent en temps que conseillés techniques au développement du projet : Effets des amendements organiques enrichis aux Trichoderma sp. appliqués aux productions maraîchères de la zone sub-saharienne.

Interview avec Mr René BILLAZ (Ancien Directeur Scientifique du CIRAD). Il répond aux questions suivantes:

  1. Quel est le mérite de l’Association pour la Recherche et la Formation en Agro-écologie (ARFA)
  2. Quel est la tache de l’ONG ARFA dans le projet: Effets des amendements organiques enrichis aux Trichoderma?
  3. Quel peut etre l’impact du projet Trichoderma?

Interview with Dr Olivier BESNARD of the France based SME Biophytech. Dr Olivier BESNARD is the European partner of the PAEPARD supported consortium: Burkina Faso – BIOPROTECT-B, un groupement d’intérêt économique pour la protection biologique des cultures et la fertilisation organique des sols pour une agriculture saine et durable au Sahel.

Liens:

40 auteurs “vétérans”, répartis entre 22 anglophones et 18 francophones, ont été invités à répondre à trois questions :

  1. Pourquoi avons-nous été si peu performants dans nos activités en faveur du développement agricole en Afrique ? 
  2. Quels sont les facteurs de changement (sociaux, politiques, techniques) les plus déterminants pour qu’une agriculture plus productive et rentable puisse se développer? 
  3. Dans quelle mesure des réorientations de la politique internationale et de l’aide au développement pourraient-elles améliorer la situation ?
Les 39 articles des vétérans: citations 

  1. « Finalement, la R-D agricole privée va jouer un rôle important en Afrique sub-saharienne, mais en attendant, les pays devront se contenter des institutions publiques » (Jock Anderson
  2. “Au lieu que l’argent du pétrole soit utilisé pour l’achat d’armes ou disparaisse dans la corruption, une partie importante devrait aller au développement agricole et social et éviter ainsi qu’il soit détourné »Facho Balaam). 
  3. “Comment expliquer [ces résultats abominables], malgré les milliards de francs CFA dépensés, les multiples théories économiques expérimentées, les nombreux projets de développement engagés?” (Hervé Bichat
  4. “Les paradis fiscaux abritent des sommes considérables, issues des détournements illicites et de pratiques comptables courantes dans le monde des grandes entreprises» (René Billaz
  5. “Les opportunités de marché devrait avoir la prépondérance sur les facteurs d’offre” (Dirk Bol
  6. “L’agriculture africaine aurait été mieux sans les fonds d’aide et des vagues interminables d’experts étrangers en train d’identifier sans relâche des mauvaises causes pour des mauvais effets» (Peter Bolt
  7. «Le recours à des méthodes endogènes d’apprentissage, basées sur l’échange d’expérience entre paysans et l’expérimentation, est trop limité” (Alain Bonnassieux
  8. «Le développement agricole ne doit pas se concentrer sur les plus pauvres parmi les pauvres; on ne gagne pas la guerre avec des handicapés de guerre» (Henk Breman
  9. “L’agriculture n’est pas la seulement l’affaire des paysans et des agronomes!” (Dominique de la Croix
  10. “Il me semble que la vraie question est : pourquoi les résultats obtenus ont été aussi rapidement gommés et pourquoi cette stagnation voire ce repli dans le domaine économique et social?” (Jean Pierre Derlon)
  11. «Que d’autres organisations se chargent de ce qu’elles savent bien faire” (Peter van Doren
  12. «J’ai vu de nombreux petits exploitants individuellement ou collectivement tirer le meilleur parti des ressources et des opportunités dans leur environnement” (Adri van den Dries
  13. “Avec la forte hausse du coût des intrants chimiques dans ces dernières années, l’augmentation de l’accès des paysans à la fumure organique apparaît en fait comme un enjeu de toute première importance”(Marc Dufumier
  14. “Un véritable changement de mentalité prend une ou deux générations”» (Harry Franssen
  15. «L’Afrique est parsemée de fermes modèles qui ont échoué» (David Gibbon
  16. “[en raison de facteurs en dehors de l’exploitation] les professionnels de l’encadrement agricole, ceux si proches des chercheurs et techniciens, ont rarement réussi leurs propres projets personnels d’intensification de l’élevage” (Hubert Guérin
  17. “Résumer l’agriculture africaine comme figée et arriérée est encourager l’aliénation de vastes étendues de terres africaines à des propriétaires étrangers, sous la rubrique des investissements étrangers» (Jane Guyer
  18. “Nous avons mis longtemps pour nous rendre compte que le développement est beaucoup plus complexe et peu sensible à nos méthodes d’ingénierie socio-économique et technique » (Paul Kleene
  19. “En ce qui concerne l’approche de vulgarisation, il faut reconnaître qu’une exploitation agricole est tout un ensemble” (Youba Koné
  20. “Ce thème de durabilité des systèmes mixtes, combinant productions animales et végétales, reste d’actualité et je continue de m’y intéresser fortement” (Philippe Lhoste
  21. Des approches de développement qui ont échouées, comme les colonisations paysannes dirigées, restent non publiées, et, si leur logique est séduisante, ont tendance à se répéter après 25 ans» (Richard Lowe
  22. “En Tanzanie, l’émergence d’organisations paysannes devrait être encouragée, avec peu d’intervention de l’Etat” (Sizya Lugeye
  23. «L’aide au développement a perpétué le syndrome de dépendance» (Dejene Makkonen) 
  24. “En situation d’accès égal aux ressources et marchés, les petits agriculteurs sont presque toujours compétitifs” (Peter Matlon
  25. “L’agriculture traditionnelle de subsistance, courante dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, ne peut pas nourrir la génération actuelle, ni, à plus forte raison, celles à venir» (Fred Muchena
  26. “Le changement culturel ne peut se réaliser que par la population elle-même et de ses dirigeants, qui trouvent leur satisfaction dans l’avancement de leurs propres communautés» (Henk Mutsaers
  27. “L’exportation de miel en provenance d’Afrique est poussée par des commerçants, dans leur ambition de rejoindre le marché mondial, alors qu’il y a une pénurie de miel en Afrique même» (Marieke Mutsaers)
  28. “L’agriculture à grande échelle pourrait accroître la production agricole, mais elle ne contribuera pas beaucoup au développement» (David Norman
  29. “La question de savoir pourquoi l’agriculture africaine reste sous-développé […] fait partie d’une question plus large, celle de savoir pourquoi l’Afrique est sous-développée» (Félix Nweke
  30. «Des taux élevés et croissants de l’exode rurale vers les villes, laissant l’agriculture à des hommes âgés et des femmes, devient un problème de plus en plus important pour le développement agricole»(Bède Okigbo
  31. «L’introduction et l’utilisation généralisée de la traction animale a permis d’augmenter les superficies cultivées, les rendements et les revenus» (Amadou Sow et Abdoulaye Traoré
  32. “Il y aura partout des changements dans l’agriculture africaine, mais souvent pas selon les modèles et aux rythmes programmés par les agents de développement occidentaux” (Willem Stoop
  33.  «Aucune ONG, aucune structure ne m’a fabriqué; on ne peut pas me donner des leçons. On ne peut pas me forcer à dire quelque chose” (François Traoré
  34. «De nombreux projets sont basés sur des solutions pour trouver des problèmes – et non l’inverse» (Brian Van Arkadie
  35. “Je proposerai d’attribuer au moins 2% du budget de tout projet à des fins culturelles” (Jos Verdurmen)
  36. «Ce fut une grave erreur de déployer tant de la main-d’œuvre rare dans la vulgarisation, au lieu d’attribuer plus de ressources à la formation des jeunes ruraux» (Ed Verheij
  37. «Pour moi, le développement agricole ne démarre que lorsque les agriculteurs disposent de moyens de transport, ce qui coïncide souvent avec la possession de quelques bovins» (Frits Wegerif
  38. «La formation, les réunions et autres palabres inutiles font partie des actions les plus populaires du personnel de vulgarisation, mais ont très peu d’impact” (Jan de Wolff
  39. “Ce n’est que lorsque l’éthique du travail joue un rôle majeur, que les connaissances, les pratiques, les services d’appui et même les coopératives fleuriront” (Dirk Zoebl

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